L'invitation au voyage...


Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.



Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.


Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
A l'âme en secret
Sa douce langue natale.


Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.


Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
Les soleils couchants
Revêtent les champs
Les canaux, la vile entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.


Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.


 L'invitation au voyage...
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# Posté le lundi 30 juillet 2007 18:18

Modifié le samedi 11 août 2007 11:42

L'étranger


"-Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ?
Ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère ?

-Je n'ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.

-Tes amis ?

- Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.

- Ta patrie ?

-J' ignore sous quelle latitude elle est située.


- La beauté ?

- Je l'aimerais volontiers déesse et immortelle.

- L'or ?

- Je le hais comme vous haissez Dieu.

- Eh ! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?

- J' aime les nuages...les nuages qui passent...là-bas...là-bas...

Les merveilleux nuages ! "
 L'étranger
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# Posté le mardi 31 juillet 2007 05:08

Modifié le vendredi 10 août 2007 20:08

Après la mer, les pieds dans l'eau, Pablo Neruda nous parle d'amour...

 Après la mer, les pieds dans l'eau, Pablo Neruda nous parle d'amour...
Tes pieds

Quand je ne peux regarder ton visage
Je regarde tes pieds.
Cuando no puedo mirar tu cara
Miro tus pies.


Tes pieds. Leur os cambré.
Tes deux petits pieds durs.
Tus pies de hueso arqueado,
Tus pequenos pies duros.


Je sais bien qu'ils te portent
Et que sur eux se dresse
Le doux poids de ton corps.
Yo sé que te sostienen,
Y que tu dulce peso
Sobre ellos se levanta.


Et ta taille et tes seins,
Le pourpre jumelé de leurs pointes dressées
Et l'écrin de tes yeux
Envolés depuis peu,
Le grand fruit de ta bouche,
ta rousse chevelure,
Petite et mienne tour.
Tu cintura y tus pechos,
La duplicada purpura
De tus pezones,
La caja de tus ojos
Que recién han volado,
tu ancha boca de fruta,
Tu cabellera roja,
Pequena torre mia.


Mais je n'aime tes pieds
Que pour avoir marché
Sur la terre et aussi
Sur le vent et sur l'eau
Jusqu'à me rencontrer.
Pero no amo tus pies
Sino porque anduvieron
Sobre la tierra y sobre
El viento y sobre el agua,
Hasta que me encontraron
.


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# Posté le mardi 31 juillet 2007 20:21

Modifié le samedi 11 août 2007 12:12

Et puis, il y a le thé ( cf poème chez mariepoete), écoutons Camille Laurens...


"J'ai tant de plaisir à faire du thé que l'idée même d'en faire est déjà un plaisir. Je me le donne souvent, seule ou accompagnée.

Le meilleur est celui que je prépare avant d'écrire-celui qui me prépare à écrire.

C'est une occupation très concrète, une forme d'artisanat qui rends caducs tous les vertiges de feuille blanche.
Ces feuilles-là sont d'une autre trempe ; je les choisis pour leur saveur ou non : pleine lune, Elixir d'amour, Casablanca, Route du temps.

Il s'y mêle des fleurs de bleuet, des fruits rouges, des fumées et des menthes.

Je surveille l'ébullition, frémissement, et l'infusion, déploiement.
Alors, je peux m'asseoir à ma table.

Le thé est ce mélange de fluide et de vapeur, de présence et d'absence, de savoir-faire et d'inexplicable, de matière et d'éther que poursuit le geste d'écrire.

Il est frontière : on le boit comme l'eau du Léthé, qui nous rend absents à nous-même, le temps d'inventer l'autre rive.

C'est l'autre vin de l'écrivain, son ivresse calme : voyez-le rivé à sa tasse ( ce " ciel de porcelaine nue" ), inspirant la " bizarre fleur qui parfume sa vie, transparente, la fleur qu'il a sentie, enfant, au filigrane bleu de l'âme se greffant." ( "Las de l'amer repos", Mallarmé )


 Et puis, il y a le thé ( cf poème chez mariepoete), écoutons Camille Laurens...
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# Posté le mercredi 01 août 2007 10:35

Modifié le dimanche 12 août 2007 16:25

Et le sourire, dont nous parle, le philosophe Alain et d'autres...

 Et le sourire, dont nous parle, le philosophe Alain et d'autres...

" Le sourire est la perfection du rire.

Comme la défiance appelle la défiance, le sourire appelle le sourire, il rassure l'autre sur soi et toutes choses autour."

Alain, dans ses " Propos sur le bonheur".


" Plus le visage est sérieux, plus le sourire est beau."

De Châteaubriand, dans ses " Mémoires d'Outre-Tombe".


" Les larmes sont l'extrême sourire."

Stendhal, De l'amour.


"Sourire trois fois tous les jours rend inutile tout médicament."

Proverbe chinois


" Le sourire est la langue universelle de la bonté."

William Artur Ward.


" Un sourire coûte moins cher que l'électricité mais donne autant de lumière."

L'abbé Pierre


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# Posté le mercredi 01 août 2007 11:24

Modifié le mardi 02 octobre 2007 14:07