Dans ses vers, Paul Eluard nous parle de la mère...

Dans ses vers, Paul Eluard nous parle de la mère...


Et passe et rage, fière,
Une vieille, tant mère

Qu'elle a tout consolé,
Tout contrôlé, volé

De ses yeux défunts
Comme un mauvais parfum.

Et passe et rage, fière,
Une vieille, une mère

Qui console avec soin
Et qui voit tout de loin.

Et passe et rage, fière,
Toute la pauvre mère.


Ces deux-là sont couchés côte à côte,
L'un dans un sens et l'autre dans l'autre.

Point de chanson : point de chanteurs.
Ils dorment bien et bien leur fasse !

Leur maman les veille, les yeux
pleins de son malheur qu'elle garde

Précieusement, car les enfants
n'ont pas besoin d'être aussi grands

Que leurs parents.
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# Posté le mercredi 01 août 2007 12:59

Et l'amour de son village, décolleté de la mémoire rurale, par Maurice Fombeure ( 1906-1981)...


Trouver l'âge de ce village


Autour des sentiers blancs, le sommeil de la mer,
Autour des tamaris le sommeil et l'amour,
Risque en alexandrins ces rixes, ces paresses,
Le sommeil de la mort sur la plage des jours.

Au coucher du soleil, mon village écarlate,
La mairie à la chaux puis le curé dodu,
Un jardin fou criblé d'oiseaux, de mille-pattes
Et l'église écoutant ses orgues suspendues.

Le bruit clair des lavoirs et le bruit sourd des sources.
Sur la place, un tilleul aveugle et répandu
Un chariot que la lune attelle à la Grande Ourse
Et saint Eloi, patron des forgerons perdus.

Mon lit où la mort prend la forme du sommeil,
Disperse les songes assoupis sous mon toit,
Où je dors toujours seul et toujours avec toi
Car tu es sur ma vie comme une étoile blanche.

Au fond des prunelliers mon village éternel
Au bord de la forêt, déchiré par l'orée
Au bas d'un doux ciel clos cravaché d'hirondelles,
Je t'aime mon village éternel, éternel,

Tes fumées tremblent dans mon coeur,
Tes volets s'ouvrent dans mes yeux ;
Je t' aime mon village innocent et joyeux
Où la vie fait un doux bruit d'ailes.


 Et l'amour de son village, décolleté de la mémoire rurale, par Maurice Fombeure ( 1906-1981)...
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# Posté le jeudi 02 août 2007 10:19

Modifié le mardi 02 octobre 2007 13:31

Un poème que j'aime beaucoup de Max-Pol-Fouchet (1913-1980), dans la lignée de Supervielle et d'Eluard...

Un poème que j'aime beaucoup de Max-Pol-Fouchet (1913-1980), dans la lignée de Supervielle et d'Eluard...

Le bouquet de tes rêves
La nuit le met en mes mains
Il suffit de mes lèvres
Pour briser tes songes
Tu es fleuve je suis rive
Je te serre et tu fuis
Et voici le calme coude
De ton sommeil en mes bras
Je tiens dans ma nuit
La brassée de la tienne
Tu es le galet poli
Que l'eau ne possède pas
Comme elle je te tiens
Et tu ne m'appartiens pas
Je vais dans la nuit
Chargé de tes songes
Il y aura toujours une aile
La dureté de l'eau qui danse
Et tu t'en vas loin de moi
Qui vais fidèle au long de toi
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# Posté le jeudi 02 août 2007 10:43

Modifié le mardi 02 octobre 2007 13:34

" A peine" de Claude Roy ( 1915-1997 )...

 " A peine" de Claude Roy ( 1915-1997 )...
A peine si le vent retrousse un peu la mer
Fait mousser sur son bleu un coin de jupon blanc
A peine si le sang à ton front quand tu dors
Compte tout doucement l'aller retour du temps

A peine si les cris des enfants sur la plage
Se mélangent au flot qui chuchote ses plis
A peine si le blanc d'un tout petit nuage
Eclabousse le bleu du ciel ourlé de gris

A peine si j'écris à peine si tu dors
A peine s'il fait chaud à peine si je vis
Et je ferme les yeux croyant laisser dehors
Tout ce qui n'est pas toi mon amour endormi.

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# Posté le jeudi 02 août 2007 11:15

Modifié le mardi 02 octobre 2007 13:34

Proverbe malgache...



"Le chagrin est comme un grand trésor, on ne s'en ouvre qu'à ses intimes."


 Proverbe malgache...
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# Posté le jeudi 02 août 2007 13:30

Modifié le lundi 06 août 2007 09:32